Le poignet est l'une des articulations les plus fréquemment traumatisées : plus de 180 000 cas par an en France. Le mécanisme est presque toujours le même — une chute sur la main tendue, ce réflexe instinctif pour amortir la chute qui, en pratique, envoie toute la charge directement sur le poignet plutôt que de la répartir.
Derrière une douleur et un gonflement qui peuvent sembler similaires, deux situations très différentes se cachent : l'entorse (lésion ligamentaire) et la fracture. Impossible de les distinguer à l'œil nu — c'est tout l'enjeu de la prise en charge initiale.
Entorse ou fracture : comment fait-on la différence ?
Cliniquement, certains signes orientent le diagnostic, mais seule l'imagerie tranche réellement :
- Douleur à la tabatière anatomique (le petit creux entre le pouce et le radius, visible quand on écarte le pouce) : signe évocateur d'une fracture du scaphoïde — à ne jamais négliger, y compris si la douleur semble modérée.
- Sensation d'instabilité, de "poignet qui lâche" : oriente vers une lésion ligamentaire plutôt qu'osseuse.
- Déformation visible : oriente vers une fracture, en particulier de l'extrémité distale du radius (la plus fréquente chez l'adulte).
- Fourmillements ou engourdissement dans les doigts : peut évoquer une compression nerveuse associée, à signaler impérativement au médecin.
La radiographie, systématique — et son piège classique
Devant tout traumatisme du poignet, une radiographie de face et de profil est réalisée en première intention, pour éliminer une fracture (radius distal, scaphoïde, luxation du carpe).
Point important, et source classique de mauvaise surprise : la fracture du scaphoïde est parfois invisible sur la radio initiale. Si la douleur à la tabatière anatomique persiste malgré une première radio normale, une réévaluation ou une imagerie complémentaire (IRM, scanner) peut être nécessaire — ce n'est pas parce que "la radio n'a rien montré" que le dossier est clos si la douleur reste localisée à cet endroit précis.
Pour les lésions purement ligamentaires (ligament scapho-lunaire, luno-triquétral, ou le TFCC), la radiographie standard est très souvent normale — l'examen de référence est alors l'IRM ou l'arthroscanner, prescrit en cas de doute persistant.
Quelle attelle selon la situation
Une fois le diagnostic posé par le médecin, le choix de l'attelle en découle :
- Entorse bénigne : une attelle de poignet souple à semi-rigide — Thuasne Le Poignet ou RespiForm — suffit généralement, portée le temps que la douleur et le gonflement se résorbent, avec reprise progressive de la mobilité.
- Entorse plus marquée ou lésion ligamentaire suspectée : une immobilisation plus stricte est souvent nécessaire le temps du bilan complémentaire (IRM/arthroscanner), avant d'adapter la prise en charge selon le résultat.
- Fracture non déplacée du poignet : immobilisation par attelle rigide ou plâtre, selon la localisation exacte — Thuasne Le Poignet ou RespiForm+ pour une atteinte poignet-pouce.
- Atteinte du pouce associée (fracture ou entorse) : une attelle dédiée au pouce — Ergoform ou RespiForm+ — plutôt qu'une attelle de poignet classique, qui n'immobilise pas correctement cette articulation.
- Fracture ou entorse d'un doigt associée : une orthèse de doigt dédiée — DigiForm — le poignet et les doigts ne se traitent pas avec la même attelle.
- Fracture déplacée ou complexe : sort du cadre de l'attelle seule, une prise en charge chirurgicale est à discuter avec le spécialiste — l'attelle intervient alors en phase post-opératoire, sur prescription.
Le catalogue complet des orthèses de poignet, pouce et doigt est consultable dans la zone Poignet et main.
⚠️ Ce classement est indicatif — c'est toujours le médecin qui pose le diagnostic précis (entorse, fracture, lésion ligamentaire) et prescrit l'attelle adaptée.
Le parcours de soin : qui fait quoi
- Le médecin (généraliste ou urgences) examine, prescrit la radio et pose le diagnostic initial.
- La radiographie est quasi systématique pour tout traumatisme du poignet — contrairement à d'autres articulations où elle n'est demandée qu'en cas de doute.
- L'IRM ou l'arthroscanner interviennent en second recours, en cas de suspicion de lésion ligamentaire ou de fracture non visible sur la radio initiale (le fameux piège du scaphoïde).
Signes qui doivent amener à consulter rapidement
- Douleur à la tabatière anatomique, même si la radio initiale est normale
- Sensation d'instabilité du poignet
- Fourmillements ou engourdissement dans les doigts
- Douleur qui persiste au-delà de 48 heures malgré repos et antalgiques
- Déformation visible du poignet
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Le diagnostic (entorse, fracture, lésion ligamentaire) et le choix de la prise en charge relèvent d'un professionnel de santé.
Rédigé par l'équipe Sustéa.