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Rhizarthrose : quelle orthèse de pouce choisir et pourquoi ?

6 octobre 2026 · Guide Sustéa

Gros plan sur les mains d'un homme en chemise bleue : une main presse la base du pouce de l'autre.

Tourner une clé dans une serrure, ouvrir un bocal, couper une tranche de pain, tenir son téléphone : autant de gestes anodins qui deviennent pénibles quand la base du pouce fait mal. La rhizarthrose, c'est l'arthrose de l'articulation trapézo-métacarpienne, celle qui se trouve à la racine du pouce, au-dessus du poignet. C'est l'une des arthroses les plus fréquentes de la main.

Qui est concerné ?

Surtout les femmes, et surtout après 50 ans. Vers 50 ans, environ 7 % des femmes présentent des signes de rhizarthrose ; à 80 ans, c'est près de 4 femmes sur 10. Les hommes sont touchés aussi, mais les formes douloureuses concernent environ six femmes pour un homme. Les hormones jouent un rôle (la ménopause est un moment classique d'apparition), tout comme l'hérédité, les métiers manuels et les traumatismes anciens du pouce.

Comment la reconnaître ?

  • Une douleur à la base du pouce, côté paume ou sur le bord du poignet, qui augmente dans les gestes de pince et de torsion : clé, bocal, couteau, pince à linge.
  • Une évolution par poussées : des périodes plus inflammatoires, avec gonflement et chaleur, entrecoupées de phases plus calmes.
  • Une perte de force dans la prise : on lâche plus facilement les objets.
  • À un stade plus avancé, une déformation de la base du pouce, qui « sort » en bosse, et un pouce qui a du mal à s'écarter de la main.

Le diagnostic repose sur l'examen clinique et une radiographie. D'autres causes peuvent donner une douleur proche, notamment une tendinite de De Quervain ou un canal carpien : d'où l'intérêt de faire confirmer par votre médecin avant de vous équiper. Une douleur liée plutôt à un traumatisme récent du poignet oriente vers une autre cause : voir notre guide sur la fracture et l'entorse du poignet.

L'orthèse : à quoi sert-elle vraiment ?

L'orthèse stabilise la base du pouce et met l'articulation au repos dans une bonne position. Ce n'est pas un gadget : les études montrent un effet modéré à important sur la douleur, et un effet plus modeste sur la fonction, sur une période de 3 à 12 mois. C'est pour cela que les recommandations européennes (EULAR) la placent parmi les traitements de première intention, avec l'éducation, la protection articulaire et les exercices.

En revanche, elle ne fait pas « repousser » le cartilage et ne guérit pas l'arthrose. Elle soulage et protège, ce qui est déjà beaucoup quand chaque bocal devient un défi.

Quelle orthèse choisir ?

  • Orthèse de pouce seule, poignet libre : elle maintient la colonne du pouce et laisse les autres doigts et le poignet bouger. C'est la solution la plus courante dans la rhizarthrose, à porter pendant les activités qui réveillent la douleur, et souvent la nuit en période de poussée. → DonJoy Ergoform
  • Orthèse poignet-pouce, plus enveloppante et plus rigide : elle immobilise aussi le poignet. Elle est plutôt utilisée quand la douleur est importante, lors d'une poussée inflammatoire, ou quand une tendinite de De Quervain est associée. → DonJoy RespiForm+

⚠️ Ce classement est indicatif : c'est votre médecin qui détermine le type d'orthèse et son mode de port, selon le stade de l'arthrose et vos activités.

Comment la porter ?

On distingue deux usages, souvent combinés :

  • La nuit, en attelle de repos : pendant le sommeil, on serre les mains, on dort dessus, le pouce se retrouve dans de mauvaises positions sans qu'on s'en rende compte. L'orthèse de nuit décharge l'articulation de ces contraintes et limite les réveils douloureux et la raideur du matin.
  • Le jour, à la demande : pendant les activités qui réveillent la douleur (jardinage, bricolage, cuisine, ménage, longs trajets en voiture). Le consensus actuel recommande ce port ciblé plutôt qu'un port permanent.

Inutile en revanche de la garder 24 heures sur 24 : une orthèse portée en continu sans raison finit par affaiblir les muscles qui stabilisent naturellement le pouce. On veut un pouce protégé, pas un pouce en vacances prolongées.

Ce qui marche aussi bien que l'orthèse (et va avec)

  • Les exercices : renforcer les muscles qui stabilisent le pouce, notamment ceux qui l'écartent de la main et celui qui le rapproche de l'index par la tranche (le premier interosseux dorsal), diminue la douleur et améliore la fonction. Une méta-analyse récente portant sur plus de 1 200 patients le confirme. Un kinésithérapeute peut vous apprendre le bon programme et le bon dosage.
  • La protection articulaire : utiliser des ouvre-bocaux, grossir le manche des ustensiles avec de la mousse, préférer les poignées de porte à levier, porter les sacs sur l'avant-bras plutôt qu'au bout des doigts. Ces petits ajustements font une vraie différence au quotidien.
  • Le chaud ou le froid : selon les personnes, la chaleur soulage la raideur, le froid soulage les poussées inflammatoires.

Ces trois approches (orthèse, rééducation, protection articulaire) donnent les meilleurs résultats quand elles sont combinées, et mises en place tôt plutôt qu'en dernier recours.

Et les appareils de kinésithérapie ?

Plusieurs techniques de physiothérapie peuvent compléter la rééducation, avec des niveaux de preuve variables :

  • Le laser de haute intensité (HILT) : effet antalgique et action sur les tissus de l'articulation ; les études sont encore peu nombreuses, mais encourageantes.
  • Les ultrasons, la TENS (électrothérapie antalgique), la thermothérapie : soulagement réel mais modeste et transitoire.
  • Les ondes de choc : efficacité incertaine dans cette indication.

Elles viennent en complément de l'orthèse et des exercices, pas à leur place.

Et si ça ne suffit pas ?

Les infiltrations de corticoïdes sont parfois proposées lors des poussées. Elles soulagent, mais de façon transitoire (souvent moins de deux mois), sans améliorer la fonction ni freiner l'évolution de l'arthrose ; les études ne montrent pas de différence nette avec un placebo à 3 mois. L'acide hyaluronique et le PRP donnent des résultats inconstants. La chirurgie (prothèse, ablation du trapèze ou arthrodèse) se discute quand la gêne reste importante malgré 3 à 6 mois de traitement conservateur bien conduit. Les résultats sont généralement bons, avec une récupération complète vers 6 mois.

Quand consulter rapidement

  • Douleur qui réveille toutes les nuits et ne se calme pas au repos
  • Gonflement de plusieurs articulations des doigts, avec une raideur matinale de plus d'une heure
  • Fièvre, rougeur et chaleur importantes autour de l'articulation
  • Fourmillements ou engourdissement des doigts, surtout la nuit

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Le diagnostic de rhizarthrose et le choix de l'orthèse relèvent d'un professionnel de santé.

Rédigé par l'équipe Sustéa.

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